Clarity Act : l'interdiction du rendement passif sur les stablecoins va-t-elle faire exploser la DeFi ?
Le 24 mars 2026 à Washington, les acteurs du secteur crypto ont découvert la nouvelle mouture du Clarity Act lors d'une session à huis clos au Capitole. Le texte interdit aux émetteurs de stablecoins de rémunérer passivement leurs détenteurs ; mais cette restriction pourrait, paradoxalement, jouer en faveur de la finance décentralisée.
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Le Clarity Act fait-il de la DeFi le seul refuge pour du rendement ?
Ce lundi 24 mars, une nouvelle version du Clarity Act a circulé parmi les acteurs du secteur crypto lors d'une session fermée au Capitole. Le texte valide le compromis qui avait été conclu le 20 mars par les sénateurs Angela Alsobrooks et Thom Tillis.
C'est donc officiel : les émetteurs de stablecoins ne pourront plus rémunérer un utilisateur simplement parce qu'il détient leurs tokens en portefeuille. Les récompenses liées à une activité concrète (transactions, apport de liquidité, prêt dans une application) restent, elles, autorisées. Et la distinction est importante.
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En clair, si Circle ne peut plus verser du rendement sur de l'USDC dormant en wallet, rien n'interdit à Aave ou à un protocole concurrent de le proposer dès lors que l'utilisateur dépose ses stablecoins dans un vault. C'est pourquoi l'action Circle a subi une grosse baisse après cette annonce. Le GENIUS Act, signé en juillet 2025, posait déjà le même principe : l'interdiction vise l'émetteur, pas les protocoles tiers.
Plusieurs analystes voient là une opportunité de migration de capitaux vers la DeFi. Certains parlent même d'apparition de « DeFi wrappers », des couches logicielles dans lesquelles les stablecoins seraient automatiquement injectés dans des protocoles pour générer du yield. Et un cadre légal clair, c'était aussi ce qu'attendaient certains institutionnels pour oser déployer leurs stablecoins en DeFi sans risquer de se faire sanctionner par les régulateurs.
Acheter de la crypto sur Binance, l'exchange n°1 dans le mondeDes rendements DeFi trop bas pour déclencher une ruée
Alors, est-ce la porte ouverte vers la DeFi ? Pour cela, elle doit d'abord avoir un réél argument à offrir. Sur Aave, les principaux pools d'USDC ou d'USDT affichent entre 3 % et 5 % de rendement annuel, à peine au-dessus des taux des fonds monétaires traditionnels – ou même, des livrets. Sans remontée significative des taux on-chain, les épargnants ont-ils vraiment des raisons de délaisser une épargne garantie pour un protocole décentralisé, bien plus complexe à prendre en main ?
Une partie des investisseurs pourrait aussi se tourner vers des stablecoins offshore non régulés, comme l'USDT de Tether, non soumis aux contraintes du Clarity Act et potentiellement rémunérables dans certaines configurations.
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Car les sénateurs démocrates réclament des garanties plus solides contre le blanchiment d'argent, et le périmètre des acteurs concernés reste mal défini : une formulation trop large pourrait involontairement englober des développeurs de logiciels ou des front-ends de protocoles.
Des représentants du secteur ont d'ailleurs jugé le texte « trop étroit et peu clair » lors de la session du 24 mars. Si le Clarity Act ne franchit pas l'étape du Sénat avant mai, la prochaine fenêtre législative ne s'ouvrira qu'après les élections de mi-mandat.
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Derrière le débat sur le rendement des stablecoins, un actif ressort régulièrement dans les analyses : l'Ethereum. Il pourrait en effet profiter de cette situation. Si des milliards de dollars en stablecoins migrent vers des protocoles DeFi pour générer du yield, ces transactions transiteront en grande partie par Ethereum, puisque c'est le réseau sur lequel sont déployés la majorité des protocoles de prêt et d'apport de liquidité.
Chaque transaction génèrera des frais payés en ETH, une partie étant détruite via le mécanisme de burn introduit par l'EIP-1559. Plus l'activité on-chain augmente, plus l'offre d'ETH se contracte.
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Et Ethereum n'est pas seulement utilisé par les particuliers : JPMorgan et Robinhood ont tous les deux choisi des Layer 2 construits sur Ethereum pour déployer leurs services financiers. Ces institutions héritent ainsi de la sécurité du réseau principal tout en conservant la maîtrise de leur environnement réglementaire. Si le Clarity Act pousse davantage d'acteurs institutionnels à opérer on-chain avec des stablecoins conformes, Ethereum en serait mécaniquement le bénéficiaire.
Reste une nuance de taille : cette thèse suppose que les rendements DeFi remontent suffisamment pour attirer des flux significatifs. Pour l'instant, les données ne confirment pas encore ce scénario. L'ETH est en retrait depuis plusieurs mois par rapport au Bitcoin, et le marché semble attendre une preuve concrète avant de reprendre confiance dans cette narrative.
Source : X
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