Vous aimez les crypto ? Eh bien c'est fini.
La semaine dernière, les cryptomonnaies étaient à l'honneur à Paris. Versailles, Louvre, Tour Eiffel. Mais où sont les investisseurs traditionnels, les petits porteurs et le public crypto d'antan ? Ils semblent avoir déserté un monde qui ne veut plus d'eux. Les cryptomonnaies ? Ça fait longtemps que c'est fini !
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Paris Blockchain Week : une victoire pour les crypto, mais pas pour vous
La Paris Blockchain Week s'est tenue la semaine dernière à Paris. Le coup d'envoi a été donné le mardi 14, avec un sommet crypto à l'Assemblée nationale organisé par le groupe Ensemble pour la République, en présence de 120 figures emblématiques de l'écosystème.
Parmi elles, des influenceurs, des représentants des médias, les patrons des grands groupes, comme SG Forge ou Circle, ou encore des conseillers en gestion de patrimoine qui accompagnent leurs clients vers les cryptomonnaies.
Au cours de cette rencontre, deux visions se sont affrontées. D'un côté, des entrepreneurs crypto « pure souche », de l'autre, les dirigeants de grandes entreprises cotées en bourse.
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Les premiers aiment agir vite et prendre des risques ; les seconds veulent aller calmement à Bruxelles afin de construire la régulation, comme MiCA 2, régulièrement évoqué.
Sauf que le temps est une ressource précieuse pour les petits entrepreneurs, et le manque d'action peut leur coûter la vie. Les start-ups ne peuvent pas attendre 18 mois pour recevoir un agrément MiCA en France, ni dépenser 1 million d'euros en démarches administratives et frais d'avocats.
Le soir du 14, les invités les plus distingués de la Paris Blockchain Week, à l'image des clients VIP des plateformes d'échange de cryptomonnaies telles que Kraken, étaient reçus pour un dîner au château de Versailles.
Cette première journée a donné le ton à ce qui allait suivre. Le monde de la crypto a changé : il s'est assagi, ou plutôt « institutionnalisé ».
Les cryptomonnaies, c'est désormais un truc de riche
Le lendemain, le salon PBW ouvrait ses portes. L'événement principal avait lieu au Louvre, mais le même matin un side-event se tenait en face, sur une discrète péniche au bord de la Seine.
Organisé par Belem Capital, cet événement réunissait des profils « ultra classiques » : pas une seule personne du Web3 dans la salle, à l'exception de quelques invités comme Louis Alexandre de Froissard ainsi qu'un représentant de TOBAM, société de gestion d'actifs ouvertement pro-Bitcoin, qui soutient notamment Capital B, la Bitcoin Treasury française.
Pendant toute une matinée, un public de gestionnaires de patrimoine, family offices et autres conseillers en gestion de fortune s'est pressé pour écouter les dernières recommandations en matière de finance tokenisée et d'actifs on-chain.
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Un événement représentatif. Le marché crypto est actuellement en pleine expansion, mais ce ne sont plus les investisseurs particuliers et les traders amateurs qui en sont les moteurs.
Désormais, ce sont les gros portefeuilles, les « very high net worth individuals », qui jettent leur dévolu sur les crypto-actifs. Dans le même temps, les petits investisseurs désertent le marché, déçus par une altseason qui n'est jamais venue.
Le salon PBW a continué sur le même ton : peu de particuliers, beaucoup d'institutionnels. Les événements organisés par les partenaires se tenaient tous dans des lieux très prestigieux.
Comme le George V, avec un diner organisé par OVH et Avalanche, ou bien le Tout Paris au-dessus de la Samaritaine de LVMH, pour l'événement de Bitpanda, auquel participaient des personnalités comme l'ancienne star du PSG Pedro Miguel Pauleta ou le tennisman français Gaël Monfils.
Puis, pour finir, le premier étage de la tour Eiffel, le temps d'un cocktail organisé par Mastercard.
Acheter facilement la crypto Bitcoin avec KrakenLes exchanges à la recherche d'un nouveau modèle
Les exchanges, très présents lors de ce salon, ont bien senti le changement de tendance. L'absence d'altseasons pour les investisseurs s'est traduite par une baisse des transactions, et donc du chiffre d'affaires pour les plateformes.
Face à ce changement de paradigme, celles-ci s'adaptent. Pour Dorian Vincileoni, responsable de la croissance chez Kraken pour l'Europe, les altcoins ont tué le marché à coups de « promesses non tenues, over-promise and under-deliver ».
Pour Alexis Bouvard, porte-parole de Bitpanda France, même son de cloche : « Nous sommes en bear market. Par rapport à l'année dernière, nous avons le même nombre de connexions, mais moins de trading. »
Le PDG d'OKX Europe affirme quant à lui que son entreprise se concentre désormais sur l'infrastructure pour les produits financiers en général, un positionnement renforcé par l'obtention récente de leur régulation MiFID.
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Ces trois représentants de plateformes, interrogés par Cryptoast lors de la PBW, mettent en avant leur volonté de devenir une « financial super app. »
Pour ces entreprises, l'avenir est dans les clients avancés, qui souhaitent utiliser le trading et les produits financiers complexes ou « exotiques » pour dégager des rendements.
Certaines misent tout sur l'investissement en actions et la gestion de portefeuille. D'autres sur la licence bancaire et les parts de marché de plateformes comme Revolut.
Les exchanges ont tout à fait raison de vouloir conquérir le marché des institutions financières classiques en y apportant leurs avantages concurrentiels technologiques issus de la blockchain
Mais ce qui ressort de ces discutions, outre la volonté de diversification, c'est l'abandon de la stratégie historique consistant à n'être que des plateformes d'échange de cryptomonnaies.
Pour les plateformes, le profil de l'investisseur retail classique qui faisait autrefois le marché crypto ne suffit plus. Il faut plus pour faire vivre ces entreprises, satisfaire les ambitions d'expansion, ou rassurer d'éventuels actionnaires en vue d'une introduction en bourse.
Acheter facilement la crypto Bitcoin avec KrakenLes Bitcoin Treasuries, symptôme d'une transformation profonde
Les exchanges ont senti le vent tourner. Et lorsqu'on observe la Paris Blockchain Week, les signes sont partout ; par exemple lors de la table ronde réunissant Alexandre Laizet de Capital B, première Bitcoin Treasury en Europe, et Eric Larchevêque, qui s'est également lancé dans ce modèle récemment.
Les Bitcoin Treasuries sont symptomatiques de cette évolution. La typologie des investisseurs n'est plus la même. Ces sociétés cotées en bourse sont accessibles aux fonds d'investissement et aux fonds souverains, qui cherchent à s'exposer au bitcoin.
Là encore, le marché délaisse les exchanges, et les acheteurs ne sont plus les petits investisseurs. Même si ces derniers peuvent parfaitement acquérir les actions des Bitcoin Treasury companies, celles-ci s'adressent manifestement à un profil bien plus large que le client d'un exchange qui rechigne à effectuer son KYC.
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D'autres acteurs font leur entrée. Au-delà de sociétés comme Capital B, qui se concentre uniquement sur Bitcoin, des entreprises comme Valour arrivent désormais en France. En proposant des ETP, Valour vient concurrencer 21Shares et CoinShares, mais aussi les exchanges.
En effet, ces produits permettent de s'exposer aux crypto, au bitcoin ou aux altcoins, mais sans les risques et les contraintes des plateformes traditionnelles.
Les ETP sont accessibles via des brokers comme BoursoBank ou Trade Republic. Une fois de plus, cette sortie du monde « crypto-crypto » témoigne d'un éloignement des écosystèmes Web3 traditionnels, et d'une volonté d'aller chercher un nouveau type de clientèle.
Et les grands gagnants de ce pivot historique ne semblent pas être les petits investisseurs présents dans la crypto depuis 2017, mais plutôt les grandes entreprises de la finance, les gestionnaires d'actifs, les plateformes traditionnelles, les émetteurs d'ETF et les brokers.
Même les exchanges se diversifient, pour ne plus être prisonniers des seuls marchés crypto, de leur volatilité qui s'atténue, et de cycles qui ne se reproduisent plus.
La fin des cycles, la fin d'une époque ?
Lors de l'événement Aktionnaire Day organisé à Station F au cours du mois de mars, deux tables rondes avaient pour sujet les cryptomonnaies. Et à deux reprises, les participants ont insisté sur ce changement de paradigme.
Les saisons, les cycles de 4 ans, les altseasons où tout le monde gagnait de l'argent : tout cela n'existe plus. Désormais, il y a Bitcoin, il y a une poignée d'altcoins ; pour le reste, la prudence s'impose.
Les petits investisseurs, les entrepreneurs des premiers jours, les développeurs, les geeks ? On les voit de moins en moins lors des événements crypto. Soit ils ont changé de look pour s'asseoir à la table des banquiers et des avocats, soit ils ont disparu de la circulation.
L'écosystème se transforme. D'un côté, il est tiré par de grands groupes qui souhaitent être régulés pour enfin atteindre le graal de la finance traditionnelle (et ses liquidités gargantuesque). De l'autre, les pionniers regrettent l'époque plus secrète de 2015, les mouvements violents, la volatilité, les risques et les gains exacerbés.
Découvrir comment bien investir dans Bitcoin (et protéger son épargne) avec la méthode StratègeEt les deux mondes se font la guerre. Le camp pro-régulation n'hésite pas à condamner l'anonymat et les outils qui facilitent le blanchiment et les actions illégales. De l'autre côté, on jure ne pas être des pirates, mais on peine à renoncer à ses valeurs libertariennes.
Pendant que le torchon brûle, que le schisme de la crypto prend forme, pendant que les deux mondes se font face en attendant de voir lequel absorbera l'autre, un gagnant et un perdant se dessinent déjà.
Le gagnant, c'est la finance traditionnelle, l'« old money », les gros portefeuilles. Depuis plusieurs années, ils attendaient des signaux des régulateurs et des gouvernements. Ils attendaient de savoir comment se positionner sur ce marché. Maintenant qu'ils ont le feu vert, ils y vont.
« On a réussi : les institutionnels nous parlent ! Mais maintenant il faut être sérieux », résume Dorian Vincileoni de Kraken. Les grands patrimoines ont mis du temps à se mettre en route, mais ils sont désormais dans le marché, et rien ne les arrête.
La DeFi déroule ses avantages au quotidien : yields, actifs tokenisés, nouvelles solutions de financement. La blockchain a tenu ses promesses : elle est véritablement plus rapide, véritablement plus efficace, et génère véritablement plus de rendement.
Mais ces rendements ne sont pas forcément du goût des petits investisseurs, nourris par les médias mainstream, qui estiment qu'un rendement de 10 % annuel n'est pas attractif, qui sont frappés par l'inflation et les crises économiques, et qui n'aspirent qu'aux x10 000 des memecoins d'antan.
Acheter facilement la crypto Bitcoin avec KrakenQue reste-t-il pour le petit investisseur français ?
Et que reste-t-il pour lui ? Les marchés prédictifs qui déferlent aux États-Unis sont interdits en France et en Europe. Les produits financiers exotiques et complexes arrivent, notamment chez Kraken, mais ils comportent des risques et ne sont pas nécessairement bien compris du grand public.
Alors que parier sur les déclarations de Donald Trump (quand bien même les risques seraient équivalents) reste quelque chose que tout le monde peut comprendre.
Les espoirs déçus des investisseurs de 2017 ne risquent pas d'être consolés. Ce monde n'est plus fait pour eux. Les exchanges vont chercher d'autres clients, les investisseurs sont différents ; il n'y aura plus d'afflux de liquidités retail tel qu'on a pu l'observer entre 2015 et 2021.
👀 Le monde entier est en train de devenir un jeu d'argent (vidéo) !
Pendant cette période, 1 800 milliards de dollars ont été ajoutés au marché (Bitcoin exclu) pour seulement 5 000 cryptos. L'eldorado de ces années est mort et enterré : aujourd'hui, la capitalisation boursière est toujours de 1 800 milliards, mais pour 100 millions d'altcoins.
Il existe pourtant un espoir pour le grand public. Il reste encore une carte à jouer pour les projets qui ont réalisé leur ICO en 2017 ou 2015, qui ont amassé des centaines de milliers de dollars et dont le token a perdu 99 % de sa valeur.
À l'heure où les actions tokenisées apparaissent sur des plateformes comme Robinhood, à l'heure où des entreprises émettent directement leurs actions sous forme de crypto via des plateformes comme LISE, lancée par Mark Kepeneghian, pourquoi les entreprises Web3 n'ont-elles toujours pas proposé d'actions ?
La plupart d'entre elles ont lancé un token, dont le rôle, dix ans après, reste encore à définir. Ces outils de financement étaient rêvés pour les entreprises crypto, qui ont ainsi reçu de l'argent sans concéder de parts, comme c'est le cas avec des actions classiques.
Si bien qu'aujourd'hui, la plupart des cryptomonnaies comportent les inconvénients des actions (volatilité) sans les avantages (part d'une entreprise).
C'est d'ailleurs tout l'enjeu de la définition du statut juridique des crypto-actifs. Les entreprises se sont battues pour affirmer que non, il ne s'agissait pas d'actions, pas de securities, mais de monnaies. Pourtant, aujourd'hui, la plupart de ces monnaies ne servent à rien et personne ne les utilise.
Ce qui a constitué un avantage dans un premier temps se retourne désormais contre les entreprises et les investisseurs. Si les projets crypto se mettaient à réaliser des IPO avec des tokens on-chain (à l'image de cryptos), un nouveau genre d'actifs envahirait les seules plateformes au monde capables de les accueillir : les exchanges.
Et un vent de jeunesse, une vague d'ICO 2.0, pourrait alors souffler sur les plateformes de l'écosystème, sur les acteurs du stockage de crypto-actifs comme les wallets, et enfin sur les investisseurs.
Il y a d'ailleurs la première licorne française de la finance décentralisée, Morpho, qui vient d'être reconnue à sa juste valeur par le ministère chargé du numérique. Dans ce cadre, les observateurs ont noté que l'intégralité de la valeur de Morpho était détenue sous forme d'actifs tokenisés. Le secteur crypto a-t-il un dernier coup à jouer ?
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